Candidate pour la quatrième fois, Marine Le Pen a officiellement lancé sa campagne au congrès du Rassemblement national à Orléans, les 24 et 25 octobre 2026. Créditée de 32 à 36 % des intentions de vote au premier tour, elle est en tête de tous les sondages.
À retenir
- Un retour de la retraite à 62 ans, et à 60 ans pour les carrières commencées avant 20 ans.
- 140 milliards d’euros d’économies nettes d’ici 2032, dont une partie sur l’immigration et la contribution européenne.
- La « priorité nationale » pour le logement social et les aides.
Parcours
Avocate, Marine Le Pen rejoint le service juridique du Front national en 1998, siège au Parlement européen de 2004 à 2017 et préside le FN, devenu Rassemblement national, de 2011 à 2021. Députée du Pas-de-Calais depuis 2017, elle a été candidate en 2012, 2017 et 2022, battue au second tour par Emmanuel Macron les deux dernières fois (41,45 % en 2022) (MonVote2027).
Condamnée en appel le 7 juillet 2026 pour détournement de fonds publics dans l’affaire des assistants parlementaires européens, elle reste éligible : la partie ferme de sa peine d’inéligibilité est déjà purgée (LCP). Elle s’est pourvue en cassation.
Approche idéologique
Le Rassemblement national est classé à l’extrême droite par la plupart des médias et des politistes ; il se définit lui-même comme « national » et souverainiste. Le programme est centré sur l’immigration, la sécurité et le pouvoir d’achat. Le RN a renoncé à la sortie de l’Union européenne et de l’euro ; il veut renégocier les traités et inscrire la primauté du droit national (Europe 1).
Le programme thème par thème
- Économie et impôts. TVA ramenée à 5,5 % sur l’énergie et supprimée sur 100 produits de première nécessité ; exonération d’impôt sur le revenu pour les moins de 30 ans ; suppression de trois impôts de production ; IFI remplacé par un impôt sur la fortune financière ; taxe sur les rachats d’actions (IFRAP). Voir le comparatif
- Retraites. 62 ans et 42 annuités ; 60 ans et 40 annuités pour ceux qui ont commencé avant 20 ans ; capitalisation volontaire en complément. Détail annoncé pour le 17 novembre 2026. Voir le comparatif
- Fonction publique. Suppression des agences régionales de santé et réduction des postes administratifs à l’hôpital ; privatisation de l’audiovisuel public ; 7 000 postes de policiers et gendarmes. Voir le comparatif
- Éducation. Uniforme au primaire et au collège, recentrage sur les fondamentaux (programme 2022).
- Écologie et énergie. Relance du nucléaire, moratoire sur l’éolien, opposition à la fin des voitures thermiques neuves en 2035. Voir le comparatif
- International et défense. Aides à l’Ukraine maintenues six mois après l’élection, puis fin de l’aide financière ; contribution nette au budget européen plafonnée à 5 milliards d’euros.
- Finances publiques. 140 milliards d’euros d’économies nettes d’ici 2032, déficit sous 3 % en 2030, équilibre primaire dès 2028, règle d’or constitutionnelle (franceinfo).
- Sécurité et immigration. Priorité nationale pour le logement social et les aides ; suppression du droit du sol ; demandes d’asile traitées depuis l’étranger ; peines planchers ; présomption de légitime défense pour les policiers ; 30 000 places de prison supplémentaires. Voir le comparatif
- Institutions. Référendum d’initiative citoyenne à partir de 500 000 signatures, proportionnelle aux législatives (Public Sénat).
Ce qu’elle a dit
- Sur sa réforme des retraites : « Ça me paraît juste et c’est économiquement tenable » (CNews, 16 octobre 2026).
- Sur l’Ukraine, après six mois d’aides maintenues : « nous cesserons l’aide financière à l’Ukraine » (CNews, 15 octobre 2026).
- Sur le voile : « L’objectif sera d’interdire le voile », si les Français lui en donnent mandat (franceinfo).
Le programme est-il financé ?
Marine Le Pen a publié un contre-budget complet le 6 octobre 2026. Environ 80 milliards d’euros de son plan reposent sur trois postes au rendement incertain : la lutte contre la fraude, les économies liées à l’immigration et la baisse de la contribution européenne. Ramener cette contribution de près de 29 à 5 milliards suppose l’accord des partenaires européens. Si une partie de ces économies manquait, alors que les baisses d’impôts sont acquises, le déficit resterait supérieur à la cible. La « priorité nationale » supposerait par ailleurs une révision de la Constitution, que le RN propose de faire par référendum. Lire l’analyse complète
| Critère | Marine Le Pen |
|---|---|
| Chiffrage global publié | Oui (6 oct. 2026) |
| Cible de déficit datée | Sous 3 % en 2030 |
| Hypothèse la plus incertaine | Rendement de la lutte contre la fraude et des économies sur l’immigration |
| Dépend d’un accord extérieur | Oui : contribution au budget de l’UE, primauté du droit national |
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Dernière mise à jour : 26 octobre 2026.